Emma Lemaire / thriller noir
La concorde noire: Emma Lemaire – Tome 3
Nice est une carte postale le jour. La nuit, c'est une zone d'expérimentation.
Pourquoi le lire
Une histoire pour sentir le présent basculer.
Emma Lemaire affronte une doctrine froide où sécurité, économie et idéologie transforment l'Europe en terrain d'opérations.
Nice. Carte postale le jour, terrain de chasse la nuit. Emma Lemaire, commissaire divisionnaire devenue enquêtrice dissidente, n’enquête plus pour plaire à la hiérarchie. Elle enquête pour comprendre. Et surtout pour survivre. Quand une série de signaux faibles, de morts trop propres et de silences trop organisés commence à dessiner une logique, elle met le doigt sur un mécanisme qui dépasse la criminalité ordinaire : la Concorde noire. Derrière les discours propres et les bonnes intentions affichées, Emma découvre une doctrine froide, méthodique, européenne, où l’économie, la sécurité et l’idéologie se confondent, jusqu’à transformer des pays entiers en zones d’expérimentation. À ses côtés, R. Elina Vargas, partenaire aussi brillante qu’insaisissable, l’aide à remonter un fil qui mène là où personne n’a intérêt à regarder. Filatures, infiltrations, tensions physiques, choix…
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Découvrez un véritable extrait de La concorde noire: Emma Lemaire – Tome 3, tiré du manuscrit officiel.
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La ville avait cette odeur de café trop chaud, de métal humide et de pluie ancienne qui ne séchait jamais vraiment. Emma Lemaire remonta le col de son manteau en sortant de la station de tram. La bruine lui piquait les joues, une fine poussière d’eau accrochée à la peau, aux cheveux, au cuir de ses bottines.
Devant elle, à une centaine de mètres, la façade de verre de l’hôtel surgissait comme un bloc de lumière froide, posé au bord d’une artère où les taxis électriques glissaient en silence. Les drapeaux bleus et verts claquaient faiblement au vent, logos d’institutions, de programmes climatiques, de fondations au nom proprement neutre. De loin, tout racontait la transparence. Elle, elle savait déjà que ce genre de transparence cachait surtout des angles morts.
« Cible repérée. Il vient de passer le portique principal. »
La voix de R. Elina Vargas vibra discrètement dans son oreille, sans émotion, comme un commentaire audio sur un documentaire dont on aurait coupé la musique. Emma ralentit d’un demi-pas, ajusta la bandoulière de son sac. Sous son manteau, sa robe noire restait sobre, presque austère. Au cou, le badge presse emprunté brillait juste ce qu’il fallait sous les néons.
Elle leva les yeux vers le fronton de l’hôtel. À travers les vitres, elle apercevait le lobby : moquette épaisse couleur crème, réception en marbre clair, quelques groupes d’hommes en costume dans le halo jaune d’un bar discret. Le genre d’endroit où l’on parlait de sauver la planète un doigt de whisky à la main.
« Il est passé devant la caméra du sas, reprit Elina. Horodatage : 18:42:16. Je t’envoie la capture. »
Une vibration dans la poche de son manteau, un bref coup d’œil à l’écran : le visage de l’homme apparut, légèrement incliné vers la réception. Cinquantaine bien tenue, cheveux poivre et sel coupés court, lunettes fines à monture sombre. Cravate vert-forêt, rappel subtil du thème du sommet auquel il participait. Sous la photo, une ligne de texte : Gérard Marnier – consultant énergie – badge lobbyiste.
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