Guy de Lussigny : « Je ne fais pas de musique pour remplir le silence »

Guy de Lussigny parle de Too Alive, son nouvel album de 30 titres : reggae, trip-hop, guitare, liberté et Nice.
Pochette officielle de Too Alive, nouvel album de Guy de Lussigny

À l’occasion de la sortie de Too Alive, son nouvel album de 30 titres attendu le 31 octobre 2026, Guy de Lussigny revient sur ses influences, sa liberté artistique, ses textes parfois provocateurs et cette envie permanente d’explorer de nouveaux territoires musicaux. Une rencontre avec un artiste qui refuse de choisir entre reggae, rap, trip-hop et rock.

Too Alive est déjà disponible en écoute intégrale sur le site officiel de l’artiste.

« Too Alive » signifie « trop vivant ». Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Guy de Lussigny : Parce que c’est exactement ce que je ressens. J’ai passé une grande partie de ma vie à travailler, à gérer des crises, à prendre des décisions, à écrire. Et je n’ai jamais considéré qu’il fallait ralentir sa curiosité ou ses envies simplement parce que les années passent.

Too Alive, c’est une déclaration d’indépendance. Je suis encore là, j’ai encore des choses à raconter, des idées à défendre, des émotions à exprimer.

Et surtout, je n’ai aucune intention de devenir spectateur de ma propre existence.

Club lecteurs & auditeurs

Une histoire à lire. Un morceau à écouter.

Une fois par semaine, recevez les nouveaux articles écrits pour le site, les sorties, des extraits de chapitre, des écoutes choisies et les coulisses de création. Aucun envoi automatique à chaque publication.

Inscription volontaire, confirmation par email et désinscription en un clic. Consultez la politique de confidentialité avant de vous inscrire.

Professionnels : ouvrir l’espace presse →

Trente morceaux dans un seul album, ce n’est pas très courant. Pourquoi un format aussi généreux ?

Guy de Lussigny : Parce que je n’avais aucune envie de sacrifier des morceaux pour respecter un format commercial.

J’avais plusieurs univers à explorer. Des chansons sur la route et la liberté, des textes plus intimes, des titres engagés, des atmosphères nocturnes, des rythmiques plus dansantes.

Je ne voulais pas réduire tout cela à dix chansons qui se ressemblent.

Avec trente titres, l’auditeur peut entrer dans l’album de différentes manières. Certains vont préférer les morceaux reggae, d’autres les textes rap, d’autres les compositions plus atmosphériques.

Je préfère proposer un vrai voyage musical plutôt qu’un produit parfaitement formaté.

Ton univers musical est difficile à classer. Comment le définirais-tu ?

Guy de Lussigny : Il y a une chose qui ne change pratiquement jamais : la basse doit avoir une vraie présence.

J’aime les basses rondes, profondes, presque physiques. J’aime les batteries organiques, les grooves qui respirent, les guitares qui racontent quelque chose.

Le reggae constitue une partie importante de mon ADN, mais je ne parle pas d’un reggae figé dans les années 1970.

Je cherche un son contemporain, dans lequel le trip-hop, le boom-bap, le rap et parfois des guitares beaucoup plus rock peuvent cohabiter.

J’aime aussi les compositions qui évoluent. Une chanson ne doit pas répéter mécaniquement le même refrain pendant quatre minutes.

Il faut des ruptures, des surprises, des respirations. Et parfois un solo de guitare capable de faire passer une émotion sans prononcer un mot.

Quelles sont les influences qui nourrissent ce mélange ?

Guy de Lussigny : Elles sont nombreuses, et parfois assez éloignées les unes des autres.

J’aime la puissance narrative d’IAM, l’écriture de Dooz Kawa, les ambiances de Massive Attack ou de Wax Tailor, notamment ses collaborations avec Charlotte Savary.

Le reggae de Bob Marley et l’énergie de Naâman occupent aussi une place particulière.

Et puis il y a David Gilmour. Sa façon de faire chanter une guitare m’a toujours fasciné.

Ce que j’apprécie chez ces artistes, ce n’est pas seulement leur son. C’est leur capacité à créer une identité immédiatement reconnaissable.

C’est ce que je recherche : ne pas avoir besoin de regarder le nom de l’artiste pour comprendre qu’il y a une personnalité derrière la musique.

Plusieurs chansons évoquent la route, le Sud et la liberté. C’est quelque chose de très personnel ?

Guy de Lussigny : Complètement.

Je suis motard, je roule en Harley-Davidson, et la route représente pour moi quelque chose de fondamental.

Quand je pars, il n’y a plus de réunions, plus de dossiers urgents, plus de contraintes professionnelles. Il y a la route, le moteur, le paysage et mes pensées.

Ride South, Feel Alive, Run With the Sun ou Walk My Way prolongent cet état d’esprit.

Ce n’est pas une célébration naïve de la liberté. Je sais parfaitement que nous vivons tous avec des contraintes.

Mais il faut conserver des espaces où l’on peut encore décider de sa direction.

Nice semble également très présente dans ton imaginaire.

Guy de Lussigny : Oui, et cela se voit immédiatement sur la pochette de Too Alive.

On y retrouve une promenade niçoise, un ciel chargé, une lumière presque irréelle et un personnage qui avance seul.

J’aime ce contraste entre la beauté méditerranéenne et quelque chose de plus sombre, de plus mystérieux.

Nice n’est pas seulement une ville de soleil et de cartes postales. C’est aussi une ville avec des atmosphères incroyables, des nuits particulières, une histoire et des contradictions.

Sous les palmes de Napoléon ou La Lune sur le béton s’inscrivent dans cette sensibilité urbaine.

La Méditerranée est une source d’inspiration permanente. Elle apporte de la lumière, mais aussi beaucoup de profondeur.

L’album comporte des titres assez virulents, notamment « Macronistan », « Pour votre bien » ou « La Salle des Miroirs ». La musique est-elle aussi un moyen de contestation ?

Guy de Lussigny : Évidemment. Pourquoi faudrait-il que la musique soit uniquement décorative ?

Je trouve que notre époque est traversée par des contradictions extraordinaires.

On nous parle de liberté tout en multipliant les contraintes. On nous explique ce qui serait bon pour nous, parfois sans nous demander notre avis. Les discours politiques se répètent alors que les réalités quotidiennes évoluent.

Pour votre bien traite justement de cette mécanique : justifier une décision au nom du bien collectif, puis oublier de s’interroger sur ses conséquences.

Macronistan utilise davantage la satire.

Je ne demande pas aux auditeurs d’être d’accord avec moi. Je leur demande simplement d’écouter et, éventuellement, de réfléchir.

La liberté d’expression n’a pas beaucoup d’intérêt si elle se limite aux opinions consensuelles.

Mais Too Alive n’est pas un album uniquement politique.

Guy de Lussigny : Heureusement !

Je n’aurais aucun plaisir à enregistrer trente chansons qui donnent des leçons.

Il y a aussi de la sensualité, de l’amour, de la solitude et des interrogations personnelles.

Saltwater Kisses, Silk Venom ou Permission To Breathe appartiennent à un registre très différent.

Who Am I pose une question qui traverse toute une vie : qui sommes-nous réellement, au-delà de nos métiers, de notre image et du regard des autres ?

J’aime cette coexistence entre les morceaux qui bousculent et ceux qui invitent à l’introspection.

La vie ne se limite pas à une seule émotion. Un album non plus.

Tu es également écrivain, avec 28 livres publiés et 47 000 exemplaires vendus. Existe-t-il un lien entre ton écriture et tes chansons ?

Guy de Lussigny : Un lien très fort.

Quand j’écris un roman, j’essaie de construire un univers, des personnages, une tension narrative. Je veux que le lecteur ressente quelque chose.

En musique, c’est exactement la même démarche, avec d’autres moyens.

Un morceau doit raconter une histoire ou créer une sensation. Même lorsqu’il est très rythmé, il doit posséder une direction.

J’ai aussi une certaine fascination pour les univers sombres, les contradictions humaines, le pouvoir, la technologie et les choix individuels.

Ces thèmes traversent mes romans comme mes textes musicaux.

Mais la musique possède une dimension supplémentaire : elle peut communiquer une émotion immédiatement, avant même que l’auditeur ait compris les paroles.

On sent une vraie exigence dans les arrangements. Qu’est-ce qui fait, selon toi, qu’un morceau est musicalement réussi ?

Guy de Lussigny : D’abord, il faut qu’il se passe quelque chose. Je déteste les morceaux interchangeables, ceux qui déroulent une structure prévisible, avec un refrain convenu et trois accords répétés jusqu’à l’épuisement.

Un bon morceau doit avoir une personnalité.

La basse, pour moi, est fondamentale. C’est souvent elle qui donne au morceau son caractère, son mouvement, sa sensualité même.

Ensuite, il faut que la batterie soit vivante, que les guitares apportent une véritable émotion, que les voix possèdent une identité.

J’aime particulièrement les contrastes. Une voix grave presque parlée, puis une voix féminine plus aérienne. Un passage reggae très rythmé qui débouche sur une atmosphère trip-hop. Une guitare qui arrive là où on ne l’attend pas.

Et j’accorde beaucoup d’importance aux solos de guitare. Pas aux démonstrations techniques gratuites. Je veux une guitare qui raconte quelque chose, qui prolonge l’émotion du morceau.

Je peux être très exigeant. Si une chanson sonne banalement, si elle manque de caractère ou si son arrangement n’apporte rien, elle ne me satisfait pas.

La musique doit provoquer quelque chose. Sinon, à quoi bon ?

Après « Le sel sur la peau », qu’apporte Too Alive de différent ?

Guy de Lussigny : Je le considère comme une nouvelle étape.

Le sel sur la peau possédait déjà cette dimension méditerranéenne, cette importance de la basse et ces croisements entre plusieurs genres.

Avec Too Alive, j’ai voulu aller plus loin dans les contrastes.

Des morceaux plus directs, d’autres plus complexes. Davantage de ruptures rythmiques, des ambiances parfois plus sombres et une liberté encore plus grande dans les sujets abordés.

Il n’y a pas de volonté de reproduire une formule parce qu’elle fonctionne.

Ce qui m’intéresse, c’est de continuer à avancer musicalement.

Tu proposes les trente chansons gratuitement sur ton site avant même leur sortie officielle. Pourquoi ?

Guy de Lussigny : Parce que je veux avant tout que les gens écoutent la musique.

Les plateformes de streaming sont importantes pour diffuser un album, mais je trouve également intéressant de pouvoir proposer une expérience directe.

Sur mon site, l’auditeur peut découvrir la pochette, lire la présentation, parcourir les titres et écouter les morceaux sans abonnement supplémentaire.

Il peut passer d’une chanson à une autre et se faire sa propre idée.

C’est aussi une façon de conserver un lien direct entre l’artiste et son public.

Et puis, pourquoi compliquer les choses ? La musique est faite pour être entendue.

Pour terminer, si tu devais résumer Too Alive en une seule phrase ?

Guy de Lussigny : Je dirais : « Je refuse de laisser le monde décider à ma place de ce que je dois penser, ressentir ou devenir. »

C’est peut-être cela, au fond, être Too Alive.

Continuer à aimer, à créer, à prendre la route, à se tromper parfois, à recommencer et à ne jamais considérer que tout est déjà écrit.

Too Alive : les 30 morceaux en écoute gratuite

Nouvel album de Guy de Lussigny — sortie officielle le 31 octobre 2026.

Les trente titres sont disponibles dès maintenant, gratuitement et en intégralité, sur le site officiel :

Écouter les 30 titres de Too Alive

Découvrez également l’ensemble de la discographie.

#TooAlive #GuyDeLussigny #InterviewMusicale #NouvelAlbum #MusiqueIndependante #Reggae #TripHop #BoomBap #RapFrancais #LiberteArtistique #Nice #CotedAzur #FrenchMusic #SortieAlbum #MusiqueContemporaine


En savoir plus sur Guy de Lussigny

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Partagez

Plus de News

En savoir plus sur Guy de Lussigny

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture