Roman historique · Pionniers de l’aviation
Le Cavalier du ciel
Ils rêvaient de voler. La guerre a changé le ciel.
De la cavalerie aux premiers aéroplanes, Henry de Lussigny choisit le ciel à une époque où chaque décollage est un pari. Un roman de Guy de Lussigny sur l’audace des pionniers, la fraternité des équipages et les bouleversements de la Grande Guerre.
L’histoire
Du cheval aux ailes, une vie à la frontière de l’impossible.
Au début du XXe siècle, Blériot, Farman, Garros et une poignée de pionniers repoussent les frontières de l’impossible. Leurs appareils sont fragiles, leurs moteurs incertains, et chaque vol peut être le dernier.
Parmi eux, Henry de Lussigny, officier de cavalerie devenu aviateur, titulaire du brevet de pilote n° 664. Après une chute grave à Buc en décembre 1911, il refuse de renoncer au ciel.
Puis la Première Guerre mondiale transforme l’aviation en arme de reconnaissance, d’observation et de combat. Henry sert parmi les hommes qui inventent ce nouveau métier et prend la tête de l’escadrille 70.
Entre exploits, accidents, camaraderie et sacrifices, Le Cavalier du ciel suit le destin d’un homme et celui d’une génération. Le rêve du vol se confronte à la guerre ; le courage se mesure aussi à ceux que l’on doit ramener au sol.
Chapitre 1 · Prologue : Le champ gazé
Entrez dans le récit.
Front occidental, printemps 1918. L’ouverture du roman.
Quand Henry rouvrit les yeux, il voyait de la toile à quelques pouces de son visage. Un morceau d’aile remuait au-dessus de lui. Il voulut tourner la tête et sentit la sangle lui tirer l’épaule. Il était coincé ; quelque chose appuyait contre sa cuisse et l’empêchait de ramener sa jambe. Il essaya la main droite. Une douleur remonta dans le bras, mais les doigts ne lui donnèrent aucun appui.
Il inspira pour appeler. Le choc lui coupa le souffle ; l’air chargé de poussière lui arracha une toux. La toux qui suivit secoua son corps contre le bois, puis le laissa étourdi, la bouche ouverte sur un souffle qu’il ne parvenait pas à reprendre.
L’observateur. Il chercha derrière lui, ne trouva que de la toile rompue et un reflet dans une flaque. Il voulut écouter. La guerre faisait du bruit au loin ; tout près, un hauban vibrait. Ni voix ni mouvement qu’il pût reconnaître. Il tenta encore de se dégager. La pièce contre sa cuisse ne céda pas.
Une silhouette apparut de l’autre côté de l’aile. Elle descendait vers lui, puis s’arrêta à un appel.
— Pas par le creux !
L’homme recula et disparut. Henry attendit de le revoir, avec une impatience si forte qu’il lui sembla que les secondes passaient toutes au même endroit. Deux masques surgirent enfin à sa gauche. Le plus jeune des sauveteurs souleva la toile ; l’autre lui prit la manche pour le retenir avant qu’il ne se penche davantage.
— Il est là.
— Je le vois. Passe de ce côté.
Des mains cherchèrent la sangle. Henry voulut leur montrer où le bois le tenait, mais son geste gauche retomba entre eux. Le jeune homme jura. L’injure, déformée par le masque, restait assez reconnaissable pour qu’Henry retrouve un instant le monde des vivants : quelqu’un était agacé par une boucle, quelqu’un travaillait sur ce qui l’empêchait de sortir.
— Mon capitaine, vous m’entendez ?
Il remua la tête. Cela lui demanda presque autant qu’une réponse. L’homme plus âgé suivit du regard le mouvement de son épaule, puis celui de sa main. Il parlait au jeune sans élever la voix autant que celui-ci.
— La droite ne répond pas. Attends avant de tirer.
Extrait du roman Le Cavalier du ciel · © Guy de Lussigny.
Le Cavalier du ciel · Guy de Lussigny
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De la cavalerie aux premiers aéroplanes, Henry de Lussigny choisit le ciel à une époque où chaque décollage est un pari. Un roman de Guy de Lussigny sur l’audace des pionniers, la fraternité des équipages et les bouleversements de la Grande Guerre.
Au début du XXe siècle, Blériot, Farman, Garros et une poignée de pionniers repoussent les frontières de l’impossible. Leurs appareils sont fragiles, leurs moteurs incertains, et chaque vol peut être le dernier.
Parmi eux, Henry de Lussigny, officier de cavalerie devenu aviateur, titulaire du brevet de pilote n° 664. Après une chute grave à Buc en décembre 1911, il refuse de renoncer au ciel.
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